Comment décrypter l’étiquette d’une bouteille de vin


 

Vous avez dû vous en rendre compte, choisir un vin (qu’elle que soit l’occasion), ce n’est pas toujours évident.

Mais quand on ne sait pas décrypter une étiquette, c’est pire !

 

On se retrouve rapidement perdus devant de longues rangées de bouteilles en rayon, plaines de vin, mais vides de sens.

Une tâche pénible ? Compliquée ? Pas forcément.

 

Avoir quelques notions en vin permet déjà d’y voir beaucoup plus clair, comme la connaissance des régions viticoles, avoir un peu de vocabulaire, etc.

Mais si vous savez lire l’étiquette d’une bouteille de vin, vous devenez maitres de vos choix.

La tâche devient plaisir, et fini le choix systématique de l’étiquette racoleuse !

 

L’utilité de l’étiquette

 

La première utilité de l’étiquette est légale.

Associée avec une capsule congé (cliquez ici pour voir mon article sur les capsules congés), elle permet au vin d’être commercialisé.

La conformité d’un vin peut alors être vérifiée par les services de contrôle, et donc vous assurer de ce que vous allez boire.

 

La contrefaçon dans le vin…on n’aime pas. Et les cachoteries…non plus.

Donc, une dimension légale rassurante.

 

 

Sa seconde utilité est de fournir des informations utiles (ou non) au consommateur.

Qu’elle soit très complète ou épurée, l’étiquette est synonyme de renseignements, et doit donc jouer le jeu de la transparence.

 

Pour le producteur (ou le négociant), elle est aussi son moyen de communication avec le consommateur.

C’est par le biais de ses indications qu’il peut vanter les qualités de son produit, ou attirer votre attention.

Souvent, le producteur cible une catégorie de consommateurs (ou plusieurs), et adapte son étiquette en fonction.

 

Les mentions en Europe

 

Nous allons voir ici les mentions que vous pouvez rencontrer sur les étiquettes européennes.

 

Certaines sont obligatoires, d’autres sont facultatives.

Par contre, que ces mentions soient obligatoires ou non, les contrôles n’existent que pour une partie d’entre elles (donc méfiance).

 

Pour visualiser les mentions, j’ai choisi comme exemples des étiquettes de régions plus que reconnues : Bordeaux et Bourgogne. Clignement d'œil

 

Les mentions obligatoires

 

Mentions obligatoires étiquette Bordeaux

 

1 – Classification :  elle peut être soit une appellation d’origine (AOP), soit une indication géographique (IGP), soit une dénomination inférieure (vin de table ou vin de pays).

 

2 – Contenance : c’est le volume de vin dans la bouteille. Il peut être indiqué en L, en cL, ou en mL.

 

3 – Teneur en alcool :  elle est exprimée en pourcentage du volume total (%), ou en degrés (°).

 

4 – Nom et adresse de l’embouteilleur : cette indication permet de savoir où le vin a été embouteillé, et par qui. Ces indications sont souvent accompagnées des mentions suivantes :

    • “mis en bouteille au château/domaine/propriété” qui désigne un vin embouteillé directement sur son lieu de vinification.
    • “mise en bouteille dans nos chais/par nos soins” qui suggère en général un vin de négoce.
    • “mis en bouteille par les producteurs réunis” donc par une coopérative qui met en commun les cuvées de différents producteurs.

 

5 – (Pays producteur) : le nom du pays producteur n’est obligatoire que dans le cas de vins destinés à l’exportation.

 

Mentions obligatoires étiquette Bourgogne

 

6- Contient des sulfites : obligatoire car certaines personnes y sont allergiques, et tout allergène doit être indiqué.

 

7- Logo femme enceinte :  le message “la consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l’enfant” peut remplacer ce logo.

 

8- Terroir (d’un 1er ou Grand Cru de Bourgogne) :  vous pouvez voir ici que le terroir (appelé “climat” en Bourgogne) “Les Suchots” est indiqué en plus de l’appellation.
C’est le cas particulier des Bourgognes 1ers ou Grands Crus, le terroir étant le critère de classification de la Bourgogne.

 

9- Numéro de lot : il est souvent précédé de la lettre “L”.

 

 

Vous ne voyez pas toutes les mentions obligatoires sur chacune des deux étiquettes exemples ?

C’est normal, ces étiquettes ne sont pas toujours seules, et peuvent être associées à une contre-étiquette.

Les mentions peuvent tout à fait être placées sur l’une ou sur l’autre.

 

Rendez-vous un peu plus bas, au chapitre “La contre-étiquette” !

 

Les mentions facultatives

 

Ces mentions ne sont pas obligatoires, et sont donc au choix de l’exploitant.

Ce sont des informations complémentaires, la plupart du temps très utiles. Alors servez-vous-en !

 

 

Mentions facultatives étiquette Bourgogne

 

1- Mention “Grand vin de (région viticole)” : attention à ne pas trop vous laissez séduire par cette mention attirante qui n’a en fait aucune valeur, sauf dans le cas de la Bourgogne. Initialement, elle était utilisée pour désigner des cuvées plus qualitatives que d’autres. Aujourd’hui on en est très loin. Son utilisation n’a aucune corrélation avec la qualité, elle est purement commerciale. Pour la Bourgogne en revanche, elle a une réelle signification car elle n’est autorisée que sur les appellations les plus prestigieuses.

 

2- Le millésime :  il s’agit de l’année de la récolte.

 

3- Nom du produit :  il correspond au nom du Château/Domaine/Clos, mais aussi au Cru ou à la marque.

 

Mentions facultatives étiquette Bordeaux

 

4- Cépage(s) :  c’est la variété de raisin utilisée pour la vinification. Un vin peut provenir des raisins d’un seul cépage (mono-cépage), ou d’un assemblage de plusieurs.

 

5- Une récompense : souvent une médaille, une distinction.

 

6- Mention “Vieilli en fûts de chêne” : signifie que le vin a passé une partie de sa vinification ou de son élevage dans des barriques en chêne. Il existe des variantes à “vieilli”, comme “élevé/élevage/fermenté/fermentation”, et à “fûts de chêne” comme “fûts/barriques”.

 

8- La cuvée :  le producteur nomme ses cuvées pour marquer leurs différences de qualité (par exemple “Cuvée Prestige LeVinPourTous” de meilleure qualité que la cuvée de base Clignement d'œil).

 

9- L’image :  les possibilités sont larges. Il peut s’agir d’un croquis, d’un dessin, d’une photo représentant le lieu de production (bâtisse et/ou environs), ou tout autre chose (un symbole, logo, etc…).

 

10- Mention “Vendanges manuelles”:  ou “vendangé à la main”, indique une vendange non mécanique.

 

11- Mention “Vieilles vignes” :  cette mention n’est soumise à aucun contrôle, tout le monde peut donc prétendre posséder des vieilles vignes. Les vignes plus âgées offrent des arômes différents souvent appréciés des amateurs. En France, une vigne est dite vieille lorsqu’elle atteint 40 à 60 ans environ (pour environ 20 ans seulement aux USA).

 

12- Mention “Supérieur” : celle-ci a une réelle signification uniquement si elle est précédée de “Bordeaux” ou “Graves” ou “Beaujolais” (par exemple “Bordeaux Supérieur”), car il s’agit d’appellations à part entière. Dans tous les autres cas, elle n’a pas de réelle signification.

 

13- Autres :

 

    • “Crème de tête” sur un Sauternes indique que le vin est issu des premières tries (premier passage de vendanges).
    • La couleur du vin.
    • Le descriptif du domaine, des pratiques, du mode de vinification (souvent indiqués sur la contre-étiquette).
    • Les conseils aux consommateurs, comme par exemple la température de service.
    • Certaines mentions comme “classico” en Italie, ou “Reserva” en Espagne (en bien d’autres encore) peuvent donner des indications complémentaires.

 

 

Le cas particulier des vins effervescents

 

En dehors de tout ce qui précède, les vins effervescents (avec des bulles) ont aussi leurs obligations propres.

 

 

Mentions obligatoires étiquette effervescent

 

1- Le dosage en sucres résiduels (g/L) :  suivant le taux de sucre, vous pouvez voir indiqué “doux”, “demi-sec”, “sec”, “extra dry”, “brut”, ou “extra brut”.

2- La méthode de production : pour indiquer une méthode champenoise, “méthode traditionnelle”, ou autres, comme “méthode dioise” ou “méthode ancestrale/rurale”.

 

3- Blanc de blanc ou Blanc de noir (champagnes) :  la première version est donnée quand le vin est élaboré à partir du cépage Chardonnay, et la seconde lorsqu’il s’agit de Pinot Noir et/ou Pinot Meunier.

 

 

Les mentions hors Europe

 

Pour tous les autres pays, c’est la législation en vigueur qui décide de ce qui est obligatoire ou non.

Je ne peux évidemment pas tout vous lister.

 

Mais pas de panique, vous en apprendrez beaucoup en consultant mes articles sur les régions viticoles, qui comptent pas mal de vins étrangers Sourire.

 

La contre-étiquette

 

Lorsque vous observez une étiquette, vérifier la présence d’une seconde à l’arrière.

 

Tout comme l’étiquette, elle est là pour donner un maximum d’informations au consommateur.

Souvent, le producteur l’utilise afin d’épurer l’étiquette de base (pour en faire la plus belle de toutes et attirer vos yeux curieux) en reportant certaines mentions à l’arrière.

 

Lire contre-étiquette

 

Comme vous pouvez le voir sur cet exemple, certaines des mentions obligatoires ont été reportées sur la contre-étiquette.

 

Voici les informations que l’on trouve souvent :

 

  • Les choix de l’exploitation en terme de viticulture ou de vinification.
  • Des informations sur le type de terroir ou sur la propriété (situation, climat, etc.).
  • Des idées d’accord mets/vins.
  • Des conseils pour le service ou la conservation (température, date).
  • Une ou plusieurs des mentions obligatoires ou facultatives.

 

Bien lire une étiquette de vin

 

L’étiquette est la carte d’identité du vin.

Pour en tirer le meilleur, il est important de savoir la décoder. Sans oublier que les obligations légales évoluent en permanence, mais gardent l’information du consommateur comme objectif principal.

 

Comme je vous le disais, certaines étiquettes sont très complètes, et donnent énormément d’indications.

D’autres au contraire sont réduites au minimum, c’est à dire aux mentions obligatoires.

 

Il faut donc savoir jongler entre toutes ces étiquettes pour en retirer ce qui vous importe vraiment sur le moment.

Est-ce l’appellation ? Le millésime ? Les méthodes du producteur ?

A chacun de voir, mais pensez que ces informations peuvent parfois en dire beaucoup.

Par exemple, l’appellation donne des indications sur les cépages possibles, les rendements, etc. Le millésime peut indiquer une bonne ou une mauvaise année.

Vous avez compris le principe.

 

Attention malgré tout aux étiquettes trop alléchantes.

Il peut s’agir d’un dessin très orienté “racolage de non connaisseurs”, ou d’une description bateau, sans réelle personnalité, mais commercialement efficace.

 

De magnifiques étiquettes peuvent cacher de la piquette, de basiques étiquettes peuvent cacher des merveilles, et vice versa.

Autrement dit, l’esthétique n’est pas un vrai bon critère. Même si un bon vin à la belle étiquette, ça fait toujours plaisir Sourire.

 

Merci de partager cet article autour de vous s’il vous à plu Sourire !

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